http://20six.fr/kolteen
Hébergé par 20six.fr
|
|
Qui seras-tu dans 5 ans ?
Dans 5 ans, j'aurai 27 ans. Autant dire que du stade de moyenne, je serai censée être passée à celui de grande. Adulte, le mot est trop fort et fait bien trop peur.
Car entre adulte et grand imbécile, la marge est beaucoup trop faible.
Dans 5 ans je serai donc grande. Je vivrai à Paris, ou je mènerai une vie surchargée d'activités, de sorties, un job qui rapporte et des habits classe. Je garderai mes vieilles chaussures en souvenir d'un temps passé, et je mettrai des talons aiguilles. J'aurai 4 amants dont un régulier, des tas d'amis que j'inviterai au resto sans jeter un coup d'œil sur la note. J'irai au théâtre une fois par semaine, j'aurai des tonnes de bouquins et je partirai en voyage au moins deux fois par an.
Dans 5 ans je serai aussi dans une big maison type ferme à la campagne, peut-être Alba. J'aurai un chien, 3 chevaux et 6 chats, un amoureux fidèle avec qui je partirai en balade à la tombée du jour. J'aurai plaqué mes études en vrac et je bosserai au village, à mi-temps. L'hiver, je boirai des infusions avec mes copains devant la cheminée, et puis l'été je me baignerai à la rivière toute nue. Parfois on organiserait des petits projets avec les voisins qui seraient mes amis, on vivrait peut être tous ensemble (rajoutez alors 2 lapins et 5 aquariums). Dans cette vie là, je commencerai peut être à penser à procréer, et je me renseignerai sur la crèche parentale du village. Non je rigole, pas dans 5 ans quand même.
Dans 5 ans, je serai en Inde, au Namib, en Argentine ou ailleurs. J'aurai choisi de découvrir toutes les villes de mon cœur avant de devenir vieille,
Dans 5 ans, je serai peut-être morte.
Dans 5 ans, je vendrai de la lingerie fine pendant des réunions tupperware (?) Improbable.
Dans 5 ans, je serai peut être juste moi, surement encore en train de chercher mon chemin. Je bâtirai à mains nues cette route étrange qui nous emmène toujours un peu plus loin. Drôle de vie mes amis. Merci Anneso et voilà http://anoushka-sofia.blogspot.com/
|
|
|
Pour Anne sophie.
Anne sophie, tu m'as demandé d'écrire dans mon blog, mais qu'est-ce que je peux raconter ? En ce moment, je n'observe plus la jungle adolescente, je nous observe nous, dans notre triste décadence, dans ce chaos nouveau et cette tristesse qui désormais remplace notre euphorie. Ces jours de printemps n'ont pas encore révélé leur saveur, et j'attends, toujours un peu plus, un orgasme de bonheur. Alors raconter, oui, mais quoi ? Aujourd'hui, j'ai vu... J'ai vu cette salle pleine d'adultes qui se battent pour changer un petit bout de monde. Toute cette énergie pour gagner un peu de terrain, dénoncer un peu plus la précarité, créer du lien entre eux, assemblée des plus cultivées, et tout ces jeunes, tout ces pauvres, ceux dont on croit qu'il ne savent pas parler. Voila anne sophie, ce que j'ai vu aujourd'hui. Juste des adultes décidés et pleins de rêves. Oui, ça existe. J'ai vu aussi cette toute jeune fille dans le bus, avec ce visage tellement fin. Quand les contrôleurs sont entrés, elle n'a rien dit. Quand l'un d'entre eux s'est approché, elle s'est contenté de dire "j'ai rien", le plus dignement du monde, mais sa voix a tremblé un peu. Elle s'est levé, toute droite, et est descendue du bus. Le contrôleur avait l'air un peu penaud, et il avait raison. Le bus est reparti. Je suis restée dedans et elle était dehors.
|
|
|
10 avril 2008
Petit retour sur le blog, que j’avoue délaisser un peu ces derniers temps… Mais comme c’est les vacances, je vous dois quand même un petit article.
Je vous offre aujourd’hui une rédaction que j’ai trouvé à la fin d’une perm, abandonnée près de la poubelle, brouillon roulé en boule qui a attiré mon attention. Celle-ci étant anonyme, je remercie quand même son auteur pour le sourire qu’elle m’a arraché. J’espère que ça vous plaira aussi. L’auteur doit être un jeune homme (pas de rond sur les i, écriture un peu sèche) sûrement en 4eme ou 3eme. Après une longue hésitation, je pense que je vais vous la transmettre telle qu’elle est, malgré les nombreuses fautes, parce que c’est aussi ça qui lui donne son charme. Je remet juste un semblant de ponctuation pour que vous compreniez un peu.
9 avril
écris un dialogue qui opposent un adulte et un ou une adolescence. Il se dispute a propos d’un problème grave, puis parvienne par le dialogue à se mettre d’accord pour trouver des solution.
Il y a une nouvelle professeur qui venait devenir et tout de suite elle a jouer a faire la street au lieu de sourir, de nous interroger calmement elle s’est tout de suite mis street et nous les eleves on ses mis a nos garde car on savait quelle etait pas la pour rigoler. Quand elle est arriver elle a jamais souris, meme pas une fois, elle a meme esclu des eleves qui ont jamais etait eslu donc sa veut dire quelle cherche un peu. C’est un très bon metier ok. Mes faut pas etre comme ça, peut etre elle est comme ça pour devrai, ses sa façon de faire donc j’ai essayer de me calmer et de ne pas faire les guignols comme certaine eleve. Moi tout au debut j’etait très content de voir une nouvel prof mes sa ma un peu bouleverser parce que je savais le programme qu’on a fait aller tout changer. Mes ya des moment ou je suis dacord avec les professeur pour beaucoup de chose y’a des moment j’essaye de me metre a leurs place et il on pas trouve mes raisons. Mes faut savoir quon est encore des enfant et on veu s’amuser. Mes parfois je me dit que les prof a leur genesse aimais aussi s’amuser, y’a pas que nous. Mes je sais que parfois les élèves essaye de faire chercher les professeurs mes maintenant si les profs sont bien avec les eleve ba nous les eleves aussi on sera bien avec les prof, CPE, Directrice principale, adjoint, etc…..
Avant de vous désoler sur les fautes et le non respect évident de la consigne, admirez quand même cette petite perle…. Oui, il y a des progrès évidents à faire en orthographe, mais le dialogue, s’il n’est pas sous une forme ordinaire, se fait bien dans la tête du gamin. Je ne sais pas qui c’est, mais je vous le dis, ce petit est prêt pour les dissert de philo.
|
|
|
Jeudi 06 Mars
Je ne connaissais pas Farid jusqu'à aujourd'hui, même s'il est arrivé il y a déjà quelques mois. Pourquoi? Parce qu'il ne vient jamais. Enfin, pas souvent. Quand ça lui chante, en fait. Cette semaine, Farid a appelé tout les jours le collège en se faisant passer pour un membre de sa famille. De la grand-mère à la sœur en passant par la mère, tout le monde y est passé. Mais c'est sur l'oncle qu'il s'est fait grillé : ma collègue a reconnu la voix encore un peu fluette de Farid, et quand il a "avoué" dans le bureau du CPE, c'est avec un grand sourire. Plus tard, il me dira en rigolant "Je les ai bien eu, hein! C'est une bonne blague quand même!!" Farid est le futur Jamel Debouze, en cent fois meilleur. Il a passé la journée en salle d'exclusion avec les exclus-inclus. Personne n'a réussi à les faire travailler à partir du moment ou il a passé la porte, parce que quoi que Farid fasse, il est drôle. Tout le monde se marre, y compris le surveillant. Il imite les voix, porte tout à la dérision, rit de tout et même du reste. On a dû finalement le séparer des autres pour qu'ils puissent bosser un peu sans se fendre la poire à tout moment. Mardi, en exclu inclu, j'étais avec la petite Sonia. Petit bout de fille menue, elle est tellement vive que la plupart des profs n'arrivent pas à la suivre, et se font embobiner par cette petite fille tellement futée. Je lui file une nouvelle à lire, et une fois plongée dedans, elle se tait. Enfin. C'est une histoire d'amitié entre une SDF et un collégien, je suis tranquille pour un moment et peut me concentrer sur Slimane qui fait grincer sa bouche depuis une demi-heure. Sonia lève la main et s'exclame en même temps : - Mais Madame !!!! Mais... Comment elle peut être SDF alors, qu'en fait, elle a son Bac ?
|
|
|
Mercredi 06 Février
Aujourd'hui, c'était la première matinée de ma copine Lili, alors c'était cool, même si j'ai encore une crève de ouf. Ma copine Lili, elle est comme tous ceux qui commencent quelque chose d'inconnu : elle s'étonne. Alors c'est chouette, moi je peux faire l'ancienne, lui montrer comment ça fonctionne un collège, quand on n'est pas élève. Je la balade partout avec moi, je lui dis ce qu'il faut faire à telle heure et tout et tout. Et les gamins demandent sans cesse : "Mais c'est qui elle???" Et on entend murmurer son prénom dans tout les couloirs. Les petits me demandent : " C'est ta sœur?? Ta cousine??" Parce que oui, pour les minots du collège, nous sommes tous une grande famille, ce n'est pas possible autrement. Ils nous créent des liens de parentés à tout va. Ainsi, ma collègue Gaëlle est la fille du prof de bio et la sœur d'une prof de Francais. Elle sort avec Antoine, qui par ailleurs est mon frère et le cousin de notre collègue David, également mon mari. Bref, c'est un peu compliqué mais ça résume bien l'esprit. Une bien grande et belle famille et on a tous pour objectif principal de veiller à ce qu'ils ne fassent pas de bêtises. En perm, carnage chez les 5emes. Ils sont agités, bruyants, et je suis obligé de crier fort, ce qui n'est pas très habituel chez moi. Les 6èmes de l'heure d'après sont bruyants aussi, ils révisent une pièce de théâtre pour le cours de Français après. Du coup, on fait passer les volontaires au tableau, devant les autres qui huent. Et là, ces canailles de garçons qui sont d'habitude agités et fiers redeviennent de tout petits garçons timides, qui mangent leurs mots et regardent leurs pieds. Sacha bute sur un mot : "foufirffrifé" - " Non" dit Lili qui a le texte dans les mains. " Espèce de fieffé fou" !!! Tout le monde se marre, nous y compris. Belle insulte, quand même!
|
|
|
Mercredi 30 janvier
Matinée calme, à part une perm gigantesque à 11h, mais mes chers collègues m'ont prêté main forte heureusement.
Jean-Kevin (non, non, je ne rigole pas.. ou presque pas) est un beau black de 4ème. Il est d'une extrême nonchalance, je n'ai jamais vu quelqu'un d'aussi lent, dans ses gestes, sa façon de parler, etc. Il se vautre toujours contre un mur dans les perms, se couche sur sa table et, lorsqu'on lui demande de s'asseoir correctement, répond de sa voix très grave : « non ».
Petite altercation entre nous pendant la perm : je demande à Jean-Kevin de venir s'installer au premier rang, à côté d'une jolie petite 6e. Ça ne lui plait pas du tout, et je dois m'y prendre à plusieurs fois pour parvenir à le faire se lever et se diriger au ralenti à la place désignée.
Il refuse d'enlever son manteau. Je lui demande gentiment, une fois, deux fois, trois fois. "Non", il me répond. La quatrième je hausse à peine le ton : « Pas la peine de crier » me dit-il, tellement lentement que j'ai du mal à comprendre.
Je commence à être énervée : « Alors, enlève-le, ton manteau ! » et j'ai le droit une fois de plus à ce « non » calme, intransigeant et mou. Je crois que je préfère encore ceux qui s'énervent, vocifèrent qu'il fait froid, et que moi je le garde, mon manteau, après tout, c'est dégueulasse de les faire tomber malade, quoi. C'est des choses que j'aurais pu dire moi-même, alors je comprends mieux la chose. Mais ce dadais qui répond du bout des lèvres, regardant ses pieds pour esquiver le regard, ça me dépasse vraiment. Surtout que s'il gardait son manteau, mais sortait du travail et ne se faisait pas remarquer, ça passerait encore, mais malheureusement, il ne semble pas vouloir travailler non plus.
Finalement, je l'emmène voir le CPE avec moi.
— Qu'est ce qu'il a encore fait, ce jeune homme ?
— Rien, justement. Il ne veut dire que « non ».
Le CPE se marre. On est tous confrontés un jour ou l'autre à Jean-Kevin et à sa nonchalance extrême, et il semble que ce soit mon baptême....
Sinon, un truc cool. Les CPE doivent recruter quelqu'un très rapidement, malheureusement la pile de CV a disparue... Le CPE me demande si je ne connais pas quelqu'un, et c'est comme ça que ma pote Alix vient demain passer un entretien d'embauche. Je vous raconterai.
Demain, grosse journée, avec ratatouille poisson au menu de la cantine. Beurk...
|
|
|
[page précédente]
|